Sommaire
1. Le Saut de grenouille.
2. Bataille navale à un contre un.
3. Situation paradoxale d'interruption de convoi.
4. Autre situation paradoxale.
5. Le cauchemar de l'arbitre d'une partie.
6. L'interprétation d'un convoi selon le Juge de Ken Lowe.
7. Le Paradoxe de Pandin.
8. La résolution du Juge DP.
9. Ordres de convois ambigus.
10. Blocus à Gibraltar.
1. Le Saut de Grenouille
Dans la mesure où un convoi ne peut être interrompu
que par une attaque délogeant l'une de ses flottes, il
est possible pour une unité navale de participer à
une attaque sur un territoire côtier tout en gardant le
contrôle de la mer qu'elle occupe. Soient deux coups pour
le prix d'un seul !
Dans l'exemple 3.1, quelle est la meilleure façon d'attaquer
le Piedmont pour la France ? Un soutien depuis le Golfe de Lyon
est tout simplement rompu par une attaque. Il est donc nécessaire
de soutenir l'attaque depuis Marseille. Cependant une attaque
de la flotte est sûre de réussir, mais ne pourra
pas menacer Venise et laisse à l'Italie l'opportunité
d'occuper le Golfe de Lyon. Il est bien plus efficace d'effectuer
un « saut de grenouille », en convoyant l'armée
d'Espagne elle-même soutenue par Marseille.
Exemple 3.1

France : A Espagne -> Golfe de Lyon -> piedmont
France : F Golfe de Lyon C Espagne -> Piedmont
France : A Marseille S Espagne -> Piedmont
Italie : F Mer Tyrrhénienne -> Golfe de Lyon (*rebond*)
Italie : A Toscane -> Piedmont (*rebond*)
Italie : A Rome -> Toscane (*rebond*)
Lors du prochain mouvement, la France pourra attaquer Venise
ou bien encore reproduire un saut de grenouille en Toscane !
2. Bataille navale à un contre un
Dans les régions de la Mer Noire et de la Mer Baltique,
vous vous trouverez souvent dans une situation de combat opposant
une de vos flottes à une autre ennemie, également
esseulée que la vôtre. Dans ce genre de configuration,
il est important de bien comprendre que vous ne pourrez jamais
déloger la flotte adverse si elle se trouve en pleine mer.
Vous ne pourrez donc pas progresser sans que votre adversaire
se retire de lui-même. Or celui-ci se montrera certainement
fort prudent avant d'envisager une telle stratégie car
le moindre faux-pas est sans appel.
La seule chance de prendre l'avantage réside dans l'attaque
d'une province côtière soutenue ou convoyée
par la flotte. Attaquer la lotte adverse est sans réel
espoir de succès, mais néanmoins sans danger. Un
soutien n'est garant de succès non plus dans la mesure
où votre flotte est elle même soumise à une
possible attaque adverse. En revanche, un convoi se révèle
souvent être une excellente alternative puisque ce dernier
ne peut être interrompu. Il est également possible
de rompre le soutien d'une unité côtière,
mais vous prenez le risque de voir votre adversaire vous laisser
accoster et ainsi prendre votre place en mer!
Dans exemple qui suit, la plus sûre façon pour l'Allemagne
de s'emparer de la Prusse est d'attaquer avec la flotte balte.
Malheureusement, la flotte russe pourrait bien en profiter pour
entrée en mer baltique d'où elle serait inexpugnable.
Puisqu'il semble trop risqué de procéder de cette
façon et qu'un soutien serait hasardeux, un convoi reste
l'idée adéquate.
Voici une possibilité
Exemple 3.2

Russie : A Norvège -> Suède (*rebond*)
Russie : F Golfe de Botnie -> Mer Baltique (*rebond*)
Russie : A Prusse Tient
Russie : A Varsovie S A Prusse
Allemagne : A Suède Tient
Allemagne : A Danemark S A Suède
Allemagne : F Mer Baltique C A Kiel -> Livonie
Allemagne : A Kiel -> Mer Baltique -> Livonie
Allemagne : A Silésie -> Prusse
Allemagne : A Berlin S A Silésie -> Prusse
3. Situation paradoxale d'interruption de convoi
Les règles de base de Diplomacy concernant les convois
et leurs interruptions peuvent assez fréquemment provoquer
des situations paradoxales, comme le montre l'exemple 3.3
Exemple 3.3

France : A Brest -> Manche -> Londres
France : F Manche C A Brest -> Londres
Angleterre : F Londres S F Galles -> Manche
Angleterre : F Galles -> Manche
L'armée convoyée coupe t'elle le soutien londonien
protégeant ainsi le convoi ? Ou bien la flotte soutenue
déloge t'elle sa rivale avant que le soutien ne soit coupé
? Les deux possibilités semblent envisageables. Les règles
originales d'Avalon Hill (1976) résolurent ce cas particulier
en stipulant qu'une attaque convoyée ne pouvait pas protéger
les flottes la convoyant. En l'occurrence, voici comment était
traité ce problème :
Si une armée convoyée attaque une flotte dont
le soutien est ordonné pour l'attaque contre une des flottes
du convoi, ce soutien n'est pas rompu.
Ce qui résout les problèmes de notre exemple.
4. Autre situation paradoxale
Malheureusement, ce n'était pas la fin de nos problèmes.
Il existe des cas plus compliqués faisant ressurgir des
problèmes de même nature, qui ne peuvent être
résolus par la règle de 1976. L'exemple 3.4 une
autre situation paradoxale de rupture de convoi dans laquelle
deux convois protégeant chacun les autres flottes.
Exemple 3.4

France : A Brest -> Manche -> Londres
France : F Manche C Brest -> Londres
Angleterre : F Londres S Edimbourg -> Mer du Nord
Angleterre : F Edimbourg -> Mer du Nord
Allemagne : F Belgique S Picardie -> Manche
Allemagne : F Picardie -> Manche
Russie : A Norvège -> Mer du Nord -> Belgique
Russie : F Mer du Nord C Norvège -> Belgique
Les deux convois sont ils assurés ou leurs flottes respectives
sont elles délogées. Ici encore, les deux possibilités
sont plausibles. Par analogie avec notre premier cas les deux
flottes devraient être délogées, mais il est
néanmoins ennuyeux de devoir recourir à une analogie
à la place de règles strictes.
C'est à cause de problèmes semblables qu'Avalon
Hill corrigea la règle du jeu en 1982 pour apporter une
solution plus générale à ce genre de problème.
Si une unité convoyée attaque une flotte qui,
elle-même soutient une action se déroulant en pleine
mer; que cette mer contient une flotte participant à un
convoi, son soutien n'est pas rompu.
Ce changement modifie la compréhension de chacun des paradoxes
précédemment étudiés de façon
plus adaptée à nos souhaits.
4. Le cauchemar de l'arbitre d'une partie.
Malheureusement, il peut arriver que le remède fourni
par cette nouvelle règle soit pire que le mal. L'exemple
3.5 soulève un cas qui ne souffrait d'aucune discussion
quant à sa résolution, mais dont la nouvelle règle
modifie le résultat.
Exemple 3.5

Angleterre : F Mer d'Irlande -> Océan Atlantique.
Angleterre : F Manche S Mer d'Irlande -> Océan Atlantique.
France : F Espagne (côte nord) S Océan Atlantique.
France : F Océan Atlantique C Portugal -> Brest.
France : A Portugal -> Océan Atlantique -> Brest.
Italie : F Golfe de Lyon C Toscane -> Espagne.
Italie : A Toscane -> Golfe de Lyon -> Espagne.
Que se passe-t'il en Atlantique ? Selon les règles originales,
l'attaque en Espagne devrait rompre le soutien, provocant l'échec
du convoi en Atlantique. Le fait que l'attaque soit portée
par une unité convoyée était sans importance.
Cependant, d'après les nouvelles règles, le soutien
(d'une action portant sur une mer comportant la flotte d'un convoi)
ne devrait pas être rompu. Le convoi en Atlantique devrait
donc réussir. Cela reste vrai même dans le cas où
l'armée de Marseille soutien l'attaque sur l'Espagne, délogeant
ainsi l'unité qui si trouve.
Ce résultat n'est pas très logique et la règle
originelle semble mieux adaptée dans ce cas de figure.
Qu'il est malheureux que la nouvelle règle ait omis ce
cas qui se produit vraisemblablement plus souvent que l'exceptionnel
cas auquel elle voulait remédier.
5. L'interprétation d'un convoi selon le Juge de Ken
Lowe.
Le Juge de Ken Lowe essaie de tirer le meilleur de chacune des
deux règles, ce qui se fait au détriment de la simplicité.
1. Le mouvement normal de toute unité non convoyée
rompt un soutien.
2. Toute armée convoyée par des flottes susceptibles
d'être délogées par une attaque est considérée
"potentiellement non convoyée".
3. Le mouvement de toute armée convoyée non considérée
"potentiellement non convoyée" est résolu
comme un mouvement normal tel que décrit en "1"
4. Toute armée convoyée par une flotte qui devrait
alors être délogée est considérée
"définitivement non convoyée"
5. Le mouvement de toute armée considérée
"potentiellement non convoyée" est alors résolu
comme un mouvement normal tel que décrit en "1".
Le Statut "potentiellement non convoyée" est
effacé.
Pour tout programmeur informatique, ceci est clair comme de l'eau
de roche! Pour les autres, il faudra probablement plusieurs exemples
pour en comprendre le fonctionnement. Vous trouverez que les règles
du juge, utilisant le meilleur des deux possibilités est
plus appropriée que l'effet déplaisant produit par
l'utilisation des règles de 1982.
Pensez vous que le sujet ait désormais été
étudié sous toutes les coutures ? J'en doute. Il
existe probablement quelques cas exceptionnels dans lesquels la
règle du juge ne produira pas le résultat approprié
(en admettant que tout le monde s'accorde pour considérer
un résultat comme le plus approprié). Mais il semble
que ce soit la solution la mieux adaptée à nos besoins,
au moins à moyen terme.
6. Le Paradoxe de Pandin.
Alors que vous venez d'assimiler le fonctionnement de ces paradoxes
de convois et que nos problèmes semblaient résolus,
apparaît alors le Paradoxe de Pandin. Celui-ci est plus
ennuyeux que ceux que nous avons étudié jusque maintenant.
Exemple 3.6

France : A Brest -> Manche -> Londres.
France : F Manche C Brest -> Londres.
Angleterre : F Londres S Galles -> Manche.
Angleterre : F Galles -> Manche.
Allemagne : F Mer du Nord S Belgique -> Manche.
Allemagne : F Belgique -> Manche.
Comme dans l'exemple 3.3, l'armée convoyée essaie
de rompre le soutien commandé pour une attaque contre la
flotte convoyant. Mais cette fois, cette attaque protège
la flotte du convoi par un rebond provoqué par une attaque
allemande de même valeur. Si on considère que le
convoi réussit, alors le soutien londonien se doit être
rompu. Mais paradoxalement, si le soutien londonien est rompu,
le convoi ne peut réussir!
Dans un cas paradoxal de rupture de convoi ordinaire, il existe
deux résolutions possibles, chacune d'elle ayant ses avantages;
la difficulté étant de choisir entre les deux. Pour
le Paradoxe de Pandin, aucune des deux n'est satisfaisante!
Chacune des deux règles proposées par les versions
d'Avalon Hill considère le soutien comme n'étant
pas rompu, même si le convoi n'est pas interrompu. D'un
autre côté, la règle du juge considère
que le soutien est rompu et que le convoi est interrompu. La règle
du juge se rapporte alors dans ce cas aux règles d'Avalon
Hill en modifiant la deuxième étape de son programme.
2. Toute armée convoyée par des flottes susceptibles
d'être délogées qui dépend d'une rupture
ultérieure de soutien par une attaque est considérée
"potentiellement non convoyée".
Ceci rend inopérante l'attaque de l'armée si celle-ci
doit rompre le soutien qui attaque ou défend la flotte
du convoi.
8. La résolution du juge DP.
Le juge de Deep Pouch résout les paradoxes en incluant
la règle de 1982. Celle qui veut qu'une armée convoyée
ne peut pas rompre le soutien d'une unité visant à
défendre ou attaquer la position de toute flotte participant
à un convoi même si elle s'en trouve délogée.
(Tout autre soutien est rompu normalement, mais le soutien dirigé
contre une flotte ne peut jamais être rompu par une armée
convoyée.)
Cette règle résout bien les paradoxes, laissant
seulement la possible (quoique rare) incohérence décrite
dans l'exemple 3.5 rendant opérationnel un soutien.
9. Ordres de convois ambigus
L'édition des règles de 1976 considérait
qu'une route de convoi ambiguë était autorisée
mais que s'il la moindre des routes possible était interrompue,
alors le convoi était annulé. Apparemment, le but
était de faire en sorte que les joueurs choisissent une
route de convoi spécifique, sans pénaliser les joueurs
ayant rédigés des ordres ambigus mais sans incidence
sur le jeu.
L'édition de 1982 modifia cette règle en décidant
que toutes les routes possibles de convoi devaient être
interrompues pour le rendre caduque. Cette modification apporte
un nouvel élément tactique au jeu en permettant
un convoi de secours.
La règle actuelle du juge correspond essentiellement à
celle de 1976, obligeant les joueurs à préciser
la route de leur convoi. Ainsi, il ne peut y avoir aucune ambiguïté.
Je soupçonne toutefois que ce choix avait davantage pour
but de simplifier le programme du juge que de satisfaire une préférence
quelconque. Il serait certainement possible d'ajouter les notions
des règles de 1982 bien qu'il y ait certainement des points
plus important à travailler. Cela serait il meilleur pour
le jeu? S'en soucie t'on réellement? A t'on déjà
été confronté à une situation dans
laquelle le convoi de secours fit une différence?
Exemple 3.7

Italie : A Tunisie -> Naples.
Italie : F Mer Tyrrhénienne C Tunisie -> Naples.
Italie : F Mer Ionienne C Tunisie -> Naples.
Dans cet exemple, l'Italie augmente ses chances de succès
de convoi pour faire face à l'incertitude des intentions
de ses voisins. Mais dans la pratique, soutenir l'une de ses flottes
avec la seconde s'avère être le meilleur choix.
Italie : A Tunisie -> Naples.
Italie : F Mer Tyrrhénienne C Tunisie -> Naples.
Italie : F Mer Ionienne S Mer Tyrrhénienne.
Le seul cas dans lequel cette stratégie échoue
et dans lequel la première réussit, est que la France
attaque avec un soutien tandis que la Turquie coupe le soutien
de la Mer Ionienne sans en déloger la flotte.
10. Blocus à Gibraltar.
Voici une position simple que tout joueur de Diplomacy se doit
de connaître. L'Angleterre ( ou toute autre force navale
nordique) peut indéfiniment bloquer l'accès à
l'Atlantique en n'utilisant que trois flottes. Il n'existe absolument
aucun moyen pratique de forcer ce verrou depuis la méditerranée.
La seule issue résiderait dans la possibilité de
construire une flotte dans un port nordique pour contribuer à
l'attaque.
Exemple 3.8

Angleterre : F Océan Atlantique Tient.
Angleterre : F Portugal S Océan Atlantique.
Angleterre : F mer d'Irlande S Océan Atlantique.
La flotte de Mer d'Irlande peut, bien entendu, se trouver également
en Atlantique Nord ou en Manche. Même dans le cas où
les flottes ennemies occuperaient l'Espagne (côte sud),
la méditerranée occidentale et l'Afrique du Nord,
aucun moyen ne permet de passer.
Cette position est l'un des plus simplistes exemples de ligne
de blocage. Une position qui ne peut jamais être franchie.
Les lignes de blocage sont extrêmement utiles pour les nations
qui ne peuvent plus espérer gagner mais qui peuvent s'assurer
de participer à une nulle finale. Il existe plus de cinquante
lignes de blocages différentes répertoriées
à l'adresse suivante:
Original : http://devel.diplom.org/Online/StalematesAtoY/