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printemps 1901, la Russie a quatre unités. Ce fait, particulièrement
pour des novices, semble indiquer que la Russie est le pays le
plus fort sur le plateau au début d'une partie de Diplomacy. Toutefois,
comme les vétérans le savent, ces quatre unités de la Russie ont
la même puissance tactique que les trois unités des autres puissances
au départ, puisque les quatre unités sont dispersées sur plusieurs
fronts. Gérer ses frontières avec les autres nations de façon
à tirer le meilleur profit de son unité supplémentaire au départ,
tout en minimisant les possibilités d'attaque est le défi que
la Russie doit relever. De nombreux joueurs russes ont échoué
dans cette mission. Pourquoi? Parce qu'ils se sont surimpliqués
au sud, et en conséquence ils ont perdu dans le nord.
La stratégie russe consiste souvent à envoyer tout au sud, dans
une campagne en liaison avec l'Autriche ou la Turquie contre l'une
de ces puissances. Bien que cette politique n'est pas en soi mauvaise,
ses partisans échouent souvent à réaliser que la plus grande menace
pour la Russie provient de l'Angleterre et/ou de l'Allemagne,
et non de l'est. Je réalise que cela semble contre-intuitif -
après tout, la plupart des analystes de Diplomacy considèrent
la Russie comme une puissance orientale plus qu'occidentale. Mais
la position unique de la Russie des deux côtés de la ligne de
stalemate nécessite une forte action russe à la fois en Scandinavie
et dans les Balkans. Trop souvent la Russie fera une percée dans
le sud, en prenant peut-être Vienne et Budapest, ou Constantinople
et Ankara, tandis que l'Angleterre et l'Allemagne se précipiteront
en Baltique, en Botnie et à Saint Pétersbourg. La Russie va rarement
très loin dans une telle situation.
La solution à ce dilemme réside, comme d'habitude, dans la négociation.
La Russie doit s'allier d'entrée de jeu avec quelqu'un dans le
nord, de préférence l'Allemagne. Le Kaiser possède les clés de
la Suède pour la Russie et partage une frontière commune en Prusse
et en Silésie. L'Angleterre peut parfois s'avérer un bon allié,
mais la question de la Norvège et de Saint Pétersbourg rend souvent
cette alliance branlante. Paradoxalement, gagner un allié au nord
nécessite souvent plus que l'engagement de la seule flotte de
Saint Pétersbourg là-bas. Cette flotte peut mettre la pression
sur le Danemark ou la Norvège, mais quelqu'un doit monter la garde
à Saint Pétersbourg!

ussi
voici mes
propositions pour une croissance et un succès russe
:
1. Soyez patient au sud. Y engager toutes les armées russes
peut appeler la défaite au nord. Une guerre prolongée entre l'Autriche
et la Turquie n'est pas la fin du monde. En fait, l'expansion
russe peut parfois être plus facile au nord, aussi une guerre
balkanique larvée est peut-être suffisante. Prenez juste la Roumanie
et gardez la, s'il le faut.
2. Considérez A Mos-Stp au Printemps 1901. Certes, vous
pouvez ainsi vous faire de l'Angleterre un ennemi, mais mon expérience
m'indique que la Russie ne va jamais très loin avec l'Angleterre
de toute façon. L'idée ici est de convaincre l'Allemagne que vous
êtes prêt et désireux de l'aider dans une attaque de l'Angleterre.
C'est une bien meilleure façon de prévenir l'alliance anglo-allemande
redoutée qu'en employant simplement des mots. L'Allemagne ne va
pas s'engager sans une démonstration du soutien de la Russie,
bien sûr. Si vous rendez l'Allemagne heureuse... la Suède. A l'automne,
les ordres F Bot-Sue et A Stp-Fin permettent la construction d'une
flotte à Saint Pétersbourg (côte nord) et une très forte position
contre l'Angleterre.
3. Construisez de manière égale sur les deux fronts. Réellement,
des unités construites à Saint Pétersbourg peuvent souvent descendre
dans l'arène dans le nord plus rapidement qu'une unité construite
ailleurs pour une campagne méridionale. Et pour certaines raisons,
construire sur différents fronts sert à créer l'illusion que vous
êtes moins fort que vous ne l'êtes en réalité. La Russie est souvent
la cible de l'approche "tapons sur le plus fort" pour la constitution
de coalitions, aussi l'apparence de force est quelque chose à
éviter aussi longtemps que possible.
Le déploiement de force sur une variété de fronts est toujours
un problème à Diplomacy, même quand vous jouez une puissance qui
n'a souvent qu'un seul front important (e.g. la Turquie). Toutefois,
dans le cas de la Russie, les choix concernant le déploiement
d'unités sont critiques, pas seulement accessoires pour réussir.
Il y a toujours pratiquement une sorte de menace depuis le nord,
et de nombreux joueurs russes sous-estiment grandement l'importance
de cette menace.
Avertissement: il a été suggéré (dans
"Le guide
du joueur" de Rod Walker) que la Russie pouvait se permettre
de perdre St-Pétersbourg si elle était satisfaite d'être une puissance
méridionale avec trois centres. C'est particulièrement vrai quand
St-Pétersbourg est occupée par une flotte étrangère. St-Pétersbourg
est de l'autre côté de la ligne de stalemate - son occupation
ne signifie pas nécessairement la mort. Toutefois, de nombreuses
flottes entrant dans le Golfe de Botnie, et en Baltique peuvent
aggraver la situation. De plus, alors qu'il est exact que la Russie
peut souvent survivre intacte après une défaite totale dans le
nord, cela ramène souvent son expansion à la vitesse d'un escargot.
La progression dans les Balkans est toujours lente - si la Russie
ne prend pas beaucoup de centres après cela, elle fera probablement
face à une menace en Prusse et en Silésie, ou dans le Golfe de
Botnie et en Livonie sans suffisamment d'unités pour monter une
défense efficace.
Rappelez-vous seulement:
jouer la Russie revient à jouer simultanément
la Turquie et l'Angleterre. Vous avez besoin d'une stratégie méridionale
et d'une septentrionale.
Première Parution : DiploWorld # 54