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1. L'Anschluss : principe de base
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Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept
d'Anschluss tel que développé par Richard Sharp, précisons
que c'est une ouverture pour l'Allemagne, qui concerne en particulier
l'armée de Munich, et qui tient compte du fait que le destin à long
terme de l'Allemagne est inextricablement lié à la survie autrichienne.
Comme Richard le dit dans son livre, il vaut mieux pour les deux
pays de jouer comme si elles n'étaient qu'une nation là où c'est
possible (et aussi longtemps que possible).
L'Anschluss se déroule ainsi : l'Allemagne dit à l'Italie dès le
départ que les intérêts autrichiens et allemands sont les mêmes,
et que l'Allemagne répliquera rapidement et violemment à toute attaque
italienne sur l'Autriche. Pour donner de la substance à cette menace,
l'Allemagne prévient que l'armée de Munich ne bougera pas (version
originale) ou (version agressive, ma préférée quand je joue l'Allemand)
ira au Tyrol, prête à parer à toute incursion en territoire autrichien.
Au même moment, l'Allemagne dit à la Russie qu'un mouvement en Galicie
donnera en représaille un stand-off en Suède à l'automne.
Il y a des variantes qui se divisent en deux grandes catégories,
nommées (sans surprise) : L'Italie Accepte et l'Italie
Refuse.
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2. L'Italie Accepte
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Un bon joueur italien acceptera toujours l'inévitable,
même contre ses intérêts. Avec une armée allemande au Tyrol, une
attaque contre l'Autriche est stupide, surtout si celle-ci, prudente,
joue le Bateau à Quai (F Tri h) ou couvre Trieste avec Vienne. En
même temps, si l'attaque sur l'Autriche est jouée, avec Rome allant
à Venise, il y a toutes les chances que les deux armées italiennes
se retrouvent stupidement bloquées dans leurs positions de départ
et les intentions hostiles de l'Italie démasquées. (Pour les arguments
opposés, voir ci-dessous).
L'Italie n'a plus que trois options, dont seulement deux logiques
:
(1) prendre Tunis et ne pas bouger en attendant que la
situation se clarifie
(2) attaquer la France
(3) attaquer la Turquie
La raison pour laquelle je pense que l'option (1) est illogique
(au moins après 1901) est que l'Italie, de tous les pays sur la
carte, peut le moins se permettre de prendre du retard en développement.
Tôt ou tard (en général tôt), soit la Turquie construira une flotte
à Smyrne, soit la France en construira une à Marseille. Cela ne
peut mener qu'à une situation où l'Italie, au mieux, défendra ses
quatre centres principaux, ou, au pire, se verra lentement démembrée.
Ceux qui pensent que l'Italie devrait commencer avec deux flottes
ont ma sympathie.
L'option (2), l'attaque de la France, est évidemment ce que,
en tant qu'Allemand, vous espérez et vers quoi vous poussez l'Italie.
D'après moi il est très rare que l'Italie tente une attaque véritable
sur la France aussi tôt que 1901. Un Venise-Piémont est en général
convenu à l'avance avec la France et est simplement un prélude à
un stab au Tyrol en automne. C'est encore plus vrai si l'Italie
joue sa flotte en Mer Ionienne, ce qui la rend incapable de menacer
la France en 1902. Cependant, dans l'Anschluss agressive, la présence
d'une armée allemande au Tyrol rend une telle agression bien moins
attrayante. Même avec un support de Venise, l'armée allemande sera
simplement renvoyée à Munich et les armées italiennes n'auront causé
aucun dommage réel.
Supposons, cependant, que le mouvement vers Piémont soit considéré
comme une attaque sérieuse ? Cela peut infliger plus de dommage
stratégique à la France qu'on ne peut le penser à première vue.
La France fera presque certainement Marseille - Espagne au printemps.
A moins que l'armée de Paris soit allée en Gascogne ou en Bourgogne,
il devra ordonner Espagne-Marseille, espérant un stand-off. Mais
supposons que l'Italie reste simplement où elle est ? Alors Espagne-Marseille
réussit, la France ne peut construire en Espagne, et Marseille n'est
plus libre pour une construction !
Même si une autre unité française est disponible pour un auto-stand-off
il reste des options ouvertes à l'Italie. Tout ce qu'elle a à faire
est de choisir une des unités à supporter (évidemment celle en Espagne)
et le résultat est le même. Si la France ne peut construire à Marseille
et que l'Italie a convoyé son autre armée à Tunis, alors la France
se retrouve plongée dans un cauchemar en 1902, avec l'Italie qui
peut jeter quatre unités contre elle. Il est alors possible à l'Italie
de gagner Marseille, l'Espagne, et peut-être le Portugal (si l'Angleterre
est occupée dans le nord avec la Russie) et ensuite de rentrer en
Atlantique moyen et au-delà. En fait, c'est peut-être la meilleure
chance italienne de gagner.
L'option (3), l'attaque sur la Turquie, nécessite une sorte
d'ouverture lépante avec un convoi d'une armée à Smyrne à l'automne
1902. Sa faiblesse évidente est le temps qu'elle nécessite en développement.
Aucun gain ne peut être réellement fait avant 1903 et la Turquie
a tout son temps pour se disposer pour la contre-attaque. Si, cependant,
la Turquie est embourbée dans une guerre contre la Russie, et a
été maintenue hors de Grèce par l'Autriche, alors la lépante devient
une option viable car la Turquie n'aura pas d'unités en réserve
pour s'en prémunir, même si elle voit venir clairement le danger.
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3. L'Italie refuse
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Au moins il n'y a pas ici d'ambiguïté sur les intentions
de l'Italie. Elle n'aurait d'objection à une armée au Tyrol que
si elle planifiait d'y aller (là et plus loin) elle-même. Ce serait
stupide, puisque cela impliquerait la guerre avec l'Autriche et
l'Allemagne. Mais est-ce une telle mauvaise idée ?
D'abord, l'Italie aura sans doute obtenu une promesse de la Russie
d'ouvir en Galicie et une autre de la France d'ouvrir en Bourgogne.
L'un permet de menacer Vienne et Budapest, tandis que l'autre signifie
que l'armée allemande du Tyrol aura à se précipiter à la maison
pour défendre Munich à l'automne, abandonnant tout rôle sur la scène
autrichienne.
L'ouverture bourguignonne est franchement beaucoup plus probable
que l'ouverture en Galicie. Après tout, la Bourgogne est française
et la France peut prétendre qu'elle veut simplement couvrir ses
arrières. Et c'est une menace que l'Allemagne peut difficilement
ignorer. Pour que la Russie ouvre en Galicie, la Russie doit avoir
abandonné tout espoir de prendre la Suède en 1901, ou même définitivement.
Cela semble un prix trop lourd. Il y a des chances que la Russie
promettra d'ouvrir en Galicie, mais ira en fait en Ukraine, en envoyant
entre-temps des signaux de paix à l'Autriche.
Même dans le scénario de cauchemar où la France ne va pas en Bourgogne,
la Russie pas en Galicie, et où l'armée allemande reste en Autriche,
rien n'est forcément perdu. Si la flotte autrichienne a quitté Trieste,
Venise-Trieste et Rome-Trieste marcheront, à moins que l'Autriche
n'ait couvert Trieste avec Vienne. Même si l'Autriche et l'Allemagne
peuvent ensemble avoir assez d'unités adjacentes à Trieste pour
déloger l'unité italienne à l'automne, l'Italie peut toujours tenter
d'être plus futée que l'Autrichien en allant en Serbie ou à Budapest,
et le fait que la flotte autrichienne sera engagée ailleurs pourrait
lui donner une chance de se faufiler en Grèce.
Evidemment si Trieste et le Tyrol sont tous les deux couverts au
printemps, alors c'est la catastrophe, mais c'est exactement le
risque que l'Italie prend en refusant l'Anschluss. Même maintenant,
si l'Allemand laisse le Tyrol libre à l'automne, Venise-Tyrol et
Rome-Venise est une possibilité, préparant une attaque plus tard
en 1902.
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4. L'entrée du Pacificateur
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Les joueurs arriveront vite au point où la discussion ci-dessus
sera purement académique. Les possibilités de trahison et abus
de confiance sont trop grandes. Supposons que l'Italie aille au
Piémont au printemps, mais finisse cependant au Tyrol à l'automne
? Suppose qu'ils se mettent d'accord que la flotte de Trieste
va en Albanie et que Venise va au Piémont mais que l'un des deux
trahisse ?
Après avoir réfléchi à ce dilemme, je crois que j'ai trouvé un
moyen de résoudre cette impasse familière, à deux avertissements
près :
(1) il y a toujours un potentiel de trahison, mais réduit parce
qu'elle serait plus publique et plus frappante.
(2) ça ne marchera pas avec tous les maîtres de jeu en fonction
des règles maison de la partie en question.
Le Pacificateur prend la forme d'un arrangement tripartite
entre l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche sous la fome suivante
:
L'Italie place l'armée de Venise sous contrôle allemand (proxy)
pour tout 1901. L'Autriche place la flotte de Trieste sous contrôle
allemand pour tout 1901. L'Allemagne envoie Munich au Tyrol en
1901 et promet d'attaquer n'importe lequel des deux s'il rompt
l'accord en révoquant le proxy avant la fin de 1901.
L'Allemagne par avance accepte d'envoyer Trieste en Albanie et
de l'utiliser pour maintenir la Turquie hors de Grèce à l'automne.
Et de même, d'envoyer Venise au Piémont et de l'utiliser pour
deviner les intentions françaises à l'automne comme décrit plus
haut.
L'Italie accepte de bouger sa flotte en Mer Tyrhhénienne et de
convoyer Rome à Tunis en automne. L'Autriche jouerait Budapest-Serbie
avec Vienne allant à Budapest (rappelez-vous que l'Allemagne a
dit à la Russie que s'il va en Galicie, il n'aura pas la Suède).
De cette manière l'Autriche atteint sa meilleur position dans
le sud-ouest, l'Italie gagne une bonne place pour une attaque
sur la France en 1902 (avec une construction de flotte à Rome,
bien sûr), et l'Allemagne garantit son flanc sud et la probable
survie à long terme de son allié autrichien. Son armée de Tyrol
revient à Munich pour être utilisée en Bourgogne ou en Ruhr.
Est-ce que ça marche ? Hum, je passe. Je l'ai tenté comme Allemagne
dans Potemkin (maître : Tom Tweedy) et constaté à ma surprise
que l'Autriche y était farouchement opposé, même après qu'il ait
été rejeté d'emblée par l'Italie ! Soit ma vision de la stratégie
austro-allemande est complètement folle, soit je joue avec les
mauvaises personnes (dans chaque partie que j'ai jouée avec l'Autriche,
j'ai passé toute la phase de négociation initiale à prier désespérément
l'Allemagne de jouer la variante tyrolienne de l'Anschluss). Mais
quelque part, trois joueurs imaginatifs se rencontreront et tenteront
la chose. Si vous le faites, merci de me le dire (et assurez-vous
que je ne joue pas la France à ce moment).
Première parution : Spring Offensive 73
http://www.diplomacy-archive.com/resources/strategy/articles/peacekeeper.htm
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