
l
y a longtemps, un matin, debout à l'extérieur de l'East India Arms
dans Fenchurch Street et discutant de l'imbécillité de la plupart
des joueurs de Diplomacy,
Tony Bull et moi avons découvert
que nous avions tous deux indépendamment inventé la même nouvelle
ouverture pour l'Autriche. J'ai été meilleur et lui avais aussi
donné un nom :
le hérisson. Le temps a passé et passe encore,
et je n'ai depuis jamais mené l'Autriche dans un jeu par courrier
postal. Mais j'ai pu voir grâce à la dernière enquête sur les ouvertures
(1901 et ses 62 résultats) que le hérisson a maintenant été essayé
3 fois (sur 313 parties), tandis que le
hérisson méridional,
dont je pense maintenant qu'il est supérieur, a été tenté 4 fois.
J'aurais aimé vous dire combien cela leur a réussi (cela aurait
pris trop de temps de retracer les parties). Le
hérisson
c'est
F Tri - Ven, A Vie - Gal, A Bud - Rum; Le
hérisson
méridional se sert de
A Bud - Ser à la place de A Bud
- Rum, mais autrement c'est la même chose.
C'est simple, vraiment. Le premier devoir de l'Autriche est de
se
défendre : l'Autriche a de loin le record des éliminations rapides,
avec cependant une performance moyenne acceptable. Et je sais pourquoi
: pour avoir été assailli dans mes deux parties en tant qu'autrichien
par A Ven - Tyr, A Rom - Ven, A War -Gal, A Con - Bul, je me suis
promis de ne plus être pris à nouveau pantalon baissé. Je m'en suis
indéniablement sorti indemne les deux fois, mais dans un cas ce
fut grâce à une Italie qui a abandonné et dans l'autre grâce à une
Russie grossièrement incapable, la sensation ressentie à ce moment
fut celle d'un immense désespoir, et fut aussi très désagréable.
Depuis longtemps l'ouverture autrichienne la plus populaire est
l'idiote A Vie - Tri, F Tri - Alb, A Bud - Ser. Pourquoi idiote
? Parce qu'elle laisse au Russe la Galicie et ne permet de se défendre
que contre la moins probable des deux attaques italiennes. (Dans
les même 313 parties, l'Italie bougea vers le Tyrol 88 fois et vers
Trieste 59 fois… et combien parmi ces 59 furent des Lepante Key
, je le demande ?) pendant que l'Autriche se déplaca vers Trieste
ou y resta 144 fois !) Si l'Italie fait A Ven - Tyr, A Rom -Ven
le mouvement autrichien a été une complète perte de temps… il ne
peut être pire pour Vienne et un peu mieux en cas de rebond sur
la Galicie.
Malheureusement pour défendre le Tyrol, l'Autriche doit laisser
la Galicie, ou alors ordonner le hérisson du grand nord (F Tri -
Ven, A Vie - Tyr, A Bud - Gal, jamais essayé et tant mieux). Cela
ne résout pas vraiment le problème du Tyrol/ Galicie, et est désastreux
contre A Ven - Tri, A War - Gal. Donc défendre le Tyrol est insensé
à moins que vous ne soyez certain que la Russie n'ira pas en Galicie.
Le
vrai hérisson est parfait défensivement parlant. Il sépare
les armées de l'attaque italienne la plus probable et peut être
suivie par n'importe laquelle des défenses assurées de Trieste et
de Vienne, en particulier l'
exaspérante F Tri S A Tyr - Ven,
A Vie - Tyr, qui devrait provoquer quelques rires. Mais dans
ce cas, A Bud - Rum peut vous conduire vers les ennuis. S'il échoue
ce qui arrivera la plupart du temps et si la Turquie prend la Bulgarie
ce qui arrive 99,04 fois sur 100 (les autres 0,96 fois étant lors
de NMR), vous faites face à l'horrible possibilité A Bul - Ser,
qui vous empêche toute construction. Et vous avez fait don de la
Grèce à l'Italie qui peut garder Tunis au frigo pour plus tard.
Si A Bud - Rum réussi, alors les choses sont meilleures, malgré
que l'Italie peut toujours prendre la Grèce ; maintenant il y a
au moins une possibilité de désaccord russo-turc, et avec un peu
de chance, ils seront deux à vous supporter en Roumanie. Mais les
chances sont faibles.
A Bud - Ser, le hérisson méridional, est plus sur. Vous êtes
maintenant certain d'une construction et combien d'autres ouvertures
vous l'assure contre toute attaque de Ser ? Vous avez le choix entre
A Ser - Gre, A Ser - Bul et A Ser H ou même Ser - Rum, en fonction
du prochain gain que vous aurez décidé.
Pour approfondir,
examinons les principales combinaisons d'événements
pouvant vous arriver :
1. L'Italie tente de prendre Tri.
2. L'Italie tente de prendre Tyr et Ven.
3. L'Italie tente Tyr mais pas Ven.
4. La Russie tente de prendre la Galicie.
5. La Russie ne le fait pas.
6. La Russie et la Turquie semble être amis.
7. Ils n'en ont pas l'air.
2, 4, 6 : Vous avez un problème... mais au combien cela aurait
pu être pire ! Le mieux est de se faire une amie de la Russie et
d'ordonner
F Tri S A Tyr - Ven ; A Ser S F Rum - Bul (ec),
de construire une armée à Budapest et d'espérer le meilleur.
2, 5, 6 : Pas tout à fait la même chose. Vous avez à jugez
de l'attitude Russe avant de foncer sur Varsovie (hé hé) ou de protéger
Vienne, généralement on protège Vienne.
2, 4, 7 : Mieux ! Maintenant la Russie a un problème. Jouez
les deux possibilités au centre avec une bonne chance de prendre
une deuxième construction grâce à la Bulgarie ou à la Roumanie.
2, 5, 7 : Toujours bon. Une variété d'options progressives
et sures.
1 + n'importe quelle combinaison : Idem que ci-dessus mais
en mieux : vous avez maintenant d'intéressantes options supplémentaires,
comme
F tri - ADR, A Vie - Tri, b F Tri. Cela n'arrive pas
souvent mais lorsque les choses vont bien. Lorsqu'en Galicie vous
avez la Russie vraiment ennuyée, car vous n'avez pas à défendre
Vienne.
3 + n'importe quelle combinaison : Cela n'arrive pas souvent,
mais est très plaisant lorsque cela arrive. Vous pouvez rester à
Venise en braillant brouillement pendant que l'Italie se demande
ce quelle pourrait faire.
Bien évidemment, comme toujours, les finesses tactiques dépendent
de la diplomatie et ce qui se trouve ci-dessus peut être sujet à
de nombreuses variations. Moi, je suis convaincu, parce que l'ouverture
garanti la survie autrichienne jusque 1903, ce qui accorde le temps
de semer la discorde parmi les ennemis. Et si, comme vous devriez
le faire, vous obtenez l'aide d'une armée allemande (ce qui devrait
être accordé volontairement par n'importe quelle Allemagne intelligente)
vous n'avez rien à craindre.
Première Parution : Dolchstoss n°47 (Nov 1976)